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Les présidentielles du numérique

Publié le 16 Mars 2017 par Jean Dacié (d'après Les Echos)

La tech tricolore avait fait front commun jeudi 9 mars, en invitant les prétendants à la présidence de la république à venir débattre à la Maison de la Mutualité, à Paris. Huit organisations professionnelles et associations représentatives du secteur se sont regroupées au sein du collectif France Numérique 2017. Plusieurs ont déjà présenté leurs recommandations au futur locataire de l'Elysée, à l'instar de Tech in France en décembre ou du Syntec numérique fin février.

 

«En 2012, les programmes et campagnes des candidats n'avaient pas intégré les possibilités du numérique. Aujourd'hui, il ne doit plus être le grand absent. C'est le pivot de la transformation et du succès de la France », a déclaré en introduction Bertrand Diard, le président de Tech in France.

 

Premier constat, aucun n'a fait le déplacement en personne. Emmanuel Macron s'est fendu d'une courte vidéo pour exposer ses vues, mais a préféré, tout comme François Fillon et Benoît Hamon, se reposer sur des membres de son équipe de campagne pour débattre.

 

Quant à Jean-Luc Mélenchon, qui a pourtant publié un livret sur le sujet, il n'a pas donné suite à l'invitation selon les organisateurs. Pas plus que la candidate du Front National. «Marine Le Pen n'aborde pas le sujet. C'est une erreur fondamentale. Nous disons à tous les candidats qu'il est suicidaire de ne pas positionner le numérique au coeur du débat », regrette Bertrand Diard.

 

Sur le fond, en ce qui concerne les trois candidats représentés, il y a eu d'abord les sujets qui font consensus, au premier rang desquels le développement des infrastructures. Tous insistent sur la nécessité d'accélérer la mise à disposition de la fibre ou d'investir dans les réseaux de communication. Ce point figure d'ailleurs également au programme des deux grands absents.

 

Deuxième objectif qui fait l'unanimité: regagner en souveraineté. Lorsqu'ils abordent les moyens d'y parvenir, les équipes des candidats commencent toutefois à diverger. Le représentant de François Fillon plaide pour un programme d'investissement européen visant à reprendre la maîtrise des technologies depuis les couches les plus basses comme les semiconducteurs jusqu'au logiciel.

 

La sénatrice écologiste Corinne Bouchoux vante le bilan de la loi numérique, «un bon point de départ ». La représentante du candidat socialiste veut assurer une place au logiciel libre, qui «peut être un vecteur de souveraineté », et mettre l'accent sur la recherche, en y consacrant 3 % du PIB.

 

Doper l'investissement

 

«On a besoin d'être forts en recherche, mais aussi en économie », a réagi Bertrand Diard, plus convaincu, de ce point de vue, par les candidats Macron et Fillon. Tous deux ont en effet inclus dans leur programme des mesures pro-business appelées de ses voeux par Tech in France : doper l'investissement, notamment en puisant dans la manne de l'assurance-vie, et mettre l'accent sur l'éducation et la formation.

 

L'équipe de François Fillon insiste davantage sur les réductions de charge qu'elle accorderait aux entreprises. Celle d'En Marche! met en avant sa réforme radicale de l'assurance chômage et l'accompagnement de la transition vers de nouveaux métiers. « C'est fondamental. Si vous y croyez, votez Macron », s'enflamme Mounir Mahjoubi. « Cela va nous coûter très cher, mais c'est de la bonne dette ».

 

Enfin, l’équipe de Benoit Hamon propose de favoriser l’inclution numérique en développant davantage de pédagogie auprès des bénéficiaires. 41% des européens n’ont pas les compétences nécessaires à l’adoption du numérique ». Il y a du boulot…

Les présidentielles du numérique
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